C’est en 1962, bien après l’accident du Hindenburg qui avait mis un coup d’arrêt à l’utilisation commerciale des plus légers que l’air mais pour les même raisons de sécurité, qu’a été retiré du service le dernier dirigeable militaire américain. La recherche continue néanmoins : les années 1930 avaient connues les dirigeables porte-avion, les années 1960 auraient pu connaitre les dirigeables à propulsion nucléaire conçus aussi bien par les soviétiques que par les américains.

Le dirigeable militaire 'ville de Paris' en 1913
Aujourd’hui les dirigeables intéressent de nouveau l’armée américaine. En effet, la météo qui était la principale ennemie des dirigeables est bien bien mieux maitrisée aujourd’hui grâce aux progrès des prévisions et de la navigation. Débarrassé du risque d’accident qui avaient conduit à leur abandon, on redécouvre petit à petit les avantages des plus légers que l’air.
En premier lieu, la capacité d’emport est sans commune mesure avec celle des autre aéronefs. L’Antonov 225, dont il n’existe qu’un seul modèle au monde, peut emporter 250 tonnes alors qu’un dirigeable emportant 500 tonnes pourrait voir les jour dès 2011. La comparaison en terme de coût par tonne par kilomètre est encore plus favorable, les dirigeables étant peu complexes technologiquement et subissant peu de contraintes mécaniques, ils sont moins chers à l’achat et ont besoin de beaucoup moins d’entretien. Autre gisement d’économie : le carburant, les plus légers que l’air sont aussi sobres que les avions sont voraces, au point que l’on peut envisager une propulsion uniquement ou largement solaire.
Par ailleurs, la lenteur des dirigeables reste relative : entre 100 et 200 km/h contre 800 km/h environ pour une avion de transport. Si c’est clairement trop peu pour certaines missions, comme le transport tactique, cette vitesse peut sans doute convenir pour du transport stratégique : le déploiement précédent une grande opération (comme les deux guerres en Irak) prend environ 6 mois, peu importe qu’un chargement arrive en 2 ou 8 jours. D’autant plus que l’autonomie et le nombre d’heures de vol par jour compensent en partie cette lenteur, là où un avion devra être ravitaillé en carburant, faire l’objet de maintenances fréquentes, voire tout simplement changer d’équipage, un dirigeable peut rester en vol plusieurs jours.
Enfin, le dirigeable est plutôt bien adapté à une utilisation militaire. Contrairement à une idée reçu, il est moins vulnérable qu’un avion. Son autonomie lui permet malgré sa faible vitesse d’atteindre en une semaine sans étapes n’importe quel point sur le globe même en l’absence d’aéroport. Surtout, lorsque le transport par avion nécessite de séparer les hommes de leur matériel et de faire voyager en plusieurs fois des groupes d’une même unité, ce qui implique une logistique complexe et une période pour retrouver la cohésion et la capacité opérationnelle des unités sur le terrain, la charge utile du dirigeable lui permettrait d’embarquer jusqu’à un bataillon avec tout son matériel, donc prêt à l’action.
De ce point de vue, le dirigeable apparait comme une alternative performante et économique à l’avion ou au navire amphibie pour la projection d’une force de réaction rapide ou d’une force de réaction embarquée.
